Ceci est une reprise de la Critique en Vrac' visible ici...

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- SILENT HILL -

Pays : Etats-Unis, France, Canada

Réalisateur : Christophe Gans

Avec : Radha Mitchell, Sean Bean, Jodelle Ferland, Alice Krige, Deborah Kara Unger...

Durée : 2h07

Budget : 50 millions $

Recettes : 98 millions $

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Pour une fois que nous avons l'adaptation cinématographique réussie d'un jeu vidéo, ne gâchons pas notre plaisir ! Le français Christophe Gans prend enfin l'initiative de briser cette sale habitude, véritable malédiction, parvenant avec succès à capturer l'essence même du matériel vidéoludique originel, son mystère permanent, ses légendes tétanisantes, ses figures horribles et désincarnées, son côté malsain terriblement glauque et poisseux. Tout comme le jeu vidéo, le film possède cette aura inexplicable qui vous colle à la peau comme de la sueur, une dimension lyrique de l'horreur presque comparable à de la nostalgie - ce que par exemple Gans fait passer comme un coup de poing via le plan final sur une plante morte inondée par la pluie. Le cinéaste prend à coeur le travail d'adaptation, palpable tout le long des deux heures si vous connaissez le matériel original, où plane une agréable sensation de déjà-vu, une figure, un décor ou même un simple plan que Gans reprend au millimètre près.

Le revers de la médaille est que le réalisateur en oublit de récupérer la frayeur tétanisante du jeu vidéo où l'on avait peur de se faire attaquer à chaque recoin, privilégiant ici plus ou moins volontairement la plastique et l'ambiance plus que la véritable démonstration de la peur. Oubliez la grande terreur où chaque minute était la lutte infernale pour la survie du joueur. Car en effet Gans préfère ce qui faisait le coeur même de la mythologie originelle : le malaise et la dénonciation. Le malaise d'une part, dans un monde sadique où chaque monstre, chaque protagoniste est une âme en peine, perdue dans la noirceur de chaque plan ; et une dénonciation de par son point de vue très noire vis-à-vis de la religion, objet de manipulation massive et paranoïaque... Une vraie réussite de ce point de vue-là.

Silent Hill, c'est aussi une expérience technique palpable, où visiblement chaque plan est calculé et travaillé méticuleusement, livrant une oeuvre plastique presque irréprochable. Presque, car on ne peut nier certains effets visuels pas toujours réussis (les enfants-créatures de l'école en sont l'exemple le plus concret, au rendu assez moche faut le dire). D'autre part, on voit que Gans tend à se perdre dans la multi-dimensionnalité offerte ici au spectateur, se perdant au milieu des deux fils rouges et ne sachant parfois pas du tout passer de l'un à l'autre. Mais il y parvient de temps en temps, comme ce montage parallèle magnifique entre les deux dimensions lorsque le personnage de Christopher se promène dans la ville en ruines... Mais bon, le parallèle en question n'est pas constant dans le métrage.


Silent Hill à ses défauts, en de rares fois handicapants, mais Christophe Gans s'est ici visiblement fait plaisir à reproduire le jeu vidéo et même le compléter. Avec succès, de surcroît ! Les fans s'y retrouveront, tous comme les non-initiés qui parviendront à ouvrir leur esprit au film. Poisseux, hypnotisant, plus riche et complexe qu'il n'en a l'air (car définitivement ouvert à plusieurs interprétations), on ne sort pas indemme de Silent Hill.

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les+

- un excellent travail d'adaptation, à la fois similaire et complémentaire

- la mise en scène travaillée de Gans

- une ambiance incroyablement glauque et contaminante

- une bonne reprise de la magnifique musique originale de Yamaoka

les-

un scénario au fil rouge double parfois un peu handicapant -

pas une once de frayeur finalement, ce qui frustrera certains spectateurs -

quelques effets visuels un peu dépassés -

 

4