19486571

- RESIDENT EVIL AFTERLIFE -

Pays : Etats-Unis

Réalisateur : Paul W.S. Anderson

Avec : Milla Jovovich, Wentworth Miller, Ali Larter, Boris Kodjoe, Shawn Roberts...

Durée : 1h37

Budget : 60 millions de $

Recettes : 297 millions de $

99019545

Alors que la réalisateur Paul W.S. Anderson annoncait changer la donne en faisant un vrai retour aux sources du jeu vidéo, on peut dorénavant affirmer que le gus est un sacré roublard. Un raté, même. Car oui, ses dires sont totalements faux et carrément abérants. Personnellement, je suis un fan de la saga vidéoludique Resident Evil, j'ai joué à chaque épisode sur consoles et cela fait des années que je prend un pied fou. Et alors que monsieur Anderson avait déjà en grande partie détruit mon rêve de voir une adaptation digne de ce nom sur grand écran - avec son premier épisode certes "visible" mais terriblement ringard dans son trip techno-horrifique - avec ce quatrième film il plombe ce rêve en enfonçant encore plus profondemment le clou.

Il est tout d'abord impressionant de voir le vide scénaristique béant de ce quatrième épisode, déjà que les trois précédents ne volaient pas très hauts. Il ne se passe rien : Alice envahit le quartier de la société high-tech Umbrella, elle fait un voyage en Alaska où il n'y a rien hormis sa copine qui a perdu la mémoire, ils passent à Los Angeles où "oh mon dieu" il y a des survivants dans un élan héroïque "sauvons-les !", ils les rejoignents et se trouvent coincés - une bonne partie du film se centre alors que l'évasion de ce lieu-clos. Voilà. Passionant. Ca aurait pû l'être si il y avait un minimum de développement des personnages, un certain sens du rythme, ou encore un minimum de détails essentiels à l'intrigue. Mais non. Ca se sent que le réalisateur en a rien à foutre de l'histoire. Comment est apparu cette créature avec sa grosse hache (honteusement piqué au jeu vidéo Resident Evil 5 sans une once d'explication scénaristique) ? Pourquoi est comment a eu lieu cette mutation spectaculaire des zombies ? À quoi servent les petites bestioles rouges mécaniques posées sur les poitrines de certains survivants ? De quels types d'expériences les surivants kidnappés ont-ils été victimes ? Et surtout comment Mila Jovovich fait-elle pour avoir autant d'essence dans son avion ??? Bref, ce ne sont que de petites choses manquantes qui s'enchaînent à la seconde et qui enlèvent toute crédibilité au récit. C'est comme si Anderson avait lâché l'histoire au profit d'un grand-huit visuel...

Et bien non, même pas, le mec ne fait pas non plus le moindre effort du côté visuel. C'est laid, c'est mal filmé, le style visuel de ce quatrième épisode est franchement à vomir - les couleurs ternes proches du noir & blanc du post-apocalyptique remaniées par Paul WS Anderson tournent au marron rouille. De plus, on ressent trop souvent une impression de déjà-vu, car le réalisateur pique à droite et à gauche des éléments d'autres films : trop de bullet-time à la Matrix et même des scènes quasi-identiques (le crash en avion est un honteux copier-coller du crash des camions dans Matrix Reloaded... et en plus c'est moche), des poses au ralenti à la 300, une conclusion quasi-similaire à celle de The Island de Michael Bay, j'en passe et des meilleurs... Quand aux scènes d'actions (trop rares, encore heureux) on sent vraiment que Anderson ne sait pas comment se débrouiller pour filmer tout ça en 3D. Il filme alors tout en plan fixe (la caméra devait être trop lourde à son goût, c'est bête) rendant l'action ultra-fadasse, et là il se dit "tiens je vais tout mettre au ralenti, ça va faire classe". Le pire exemple est l'affrontement dans la douche, un sommet dans le domaine du "je me la pète au ralenti". N'est pas Zack Snyder qui veut. Le seul moment d'inventivité visuelle (un plan séquence circulaire lors du combat Wesker & les frère et soeur Redfield) tourne court en abusant des accélérés / ralentis et d'une chorégraphie chaotique (le sosie de Sam Worthington dans la peau de Wesker est à deux doigts de se planter dans la caméra à deux-trois reprises). L'ensemble est donc lent, terriblement mou.

L'interprétation ne sauve pas la donne, Milla Jovovich est toujours aussi expressive qu'une miche de pain, Wensworth Miller en est réduit au strict minimum (malgré une petite référence à Prison Break bienvenue) et tout le reste passe aussi inaperçu qu'un pet dans le vent. Erreur fatale dans ce film où l'intensite dramatique ou bien même horrifique est réduit au néant.

Mais voyons le bon côté des choses, Resident Evil Afterlife est une franche partie de rigolade qu'il faut absolument vous voir entre potes si vous êtes totalement déprimé. Pour ma part ça ma requinqué pour des mois. Il est impressionant comme Paul W.S. Anderson enchaîne les idées ridicules à la seconde, prônant la connerie visuelle à un quelconque développement thématique, à un récit stable ou même à une once de frayeur. À croire que son intéressant Event Horizon n'a été qu'un accident de parcours dans sa filmographie. C'est involontairement drôle, mais le pire est que l'ensemble est terriblement prétentieux. On peut tout de même lui attribuer deux points, pour le fou rire qu'il procure d'une part, et aussi pour une 3D plutôt efficace et une bande originale signée Tomandandy plutôt intéressante.


Resident Evil Afterlife est le pire épisode de la saga - aux côtés du second nommé Apocalypse qui atteignait déjà les sommets de la crétinnerie cinématographique - très très loin de redorer le blason de cette saga horrifique du pauvre. C'est long, c'est con, c'est prétentieux, tout d'un cinéma antipathique. À éviter, mais si certains comme moi aiment tout de même se poiler entrent potes devant de la connerie pure, foncez tête baissée. Et en plus c'est en 3D, que demande le peuple.

4d275005830c8

les+

- tellement ridicule et maladroit que le film en devient divertissant... malheureusement ce n'est pas volontaire

- une bande originale techno-rock plutôt intéressante

- une 3D qui fonctionne plutôt bien en salles

les-

un scénario au ras des paquerettes, chiant, pas crédible, bref un scénario de flemard -

une réalisation fade et molassone... un film réalisé par un flemard -

une impression permanente de déjà-vu, ça copie/colle à outrance... technique de flemard -

trop long, manque terriblement d'intensité dramatique et horrifique... un film de flemard -

 

0,5