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- INCEPTION -

Pays : Etats-Unis, Royaume-Uni, France

Réalisateur : Christopher Nolan

Avec : Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard, Ken Watanabe, Cillian Murphy, Michael Caine...

Durée : 2h28

Budget : 160 millions de $

Recettes : 823 millions de $

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Inception était pour beaucoup le film le plus attendu de l'année, et Christopher Nolan prouve définitivement qu'il méritait cette attente hors norme. Quand on survole un peu la chose, on s'aperçoit que les grandes lignes du scénario sont assez simples, voir simplistes : c'est un film de braquage, loin de ce que l'on a déjà vu, sans bad guy, la première moitié dévoilant l'intrigue et posant les bases, la seconde moitié étant le "braquage" en lui-même et représentant une gigantesque scène d'action d'une heure. Mais ce qui est passionant avec Inception, c'est de voir à quel point Nolan arrive, à partir d'une telle intrigue, construire différents niveaux de lecture, établir "l'inception" du doute dans notre esprit à nous spectateurs.

On peut ainsi d'un certain point de vue reprocher à la première moitié du film d'être ultra complexe, nous livrant quinze informations vitales à l'intrigue par minutes, développées de manière assez succinte et usant à outrance d'ellipses perturbantes. Il faut dire que c'est un style chez Nolan. Mais tout ça prend alors sens lors de la seconde moitié, comme s'il y avait eu un entraînement psychologique du spectateur pour ce qu'il y a à venir. Surprenant. Mais difficile de tout capter dès la première fois, un second visionnage s'impose alors, voir un troisième après. Car Inception, c'est ça, Nolan arrive dans une intrigue simple à fournir une quantité extraordinaire de différents chemins de perception visuelle, et alors que la fin approche et que l'on est quasiment sûr de ce qu'il se passe devant nos yeux, il insert une dernière image, un dernier plan qui insère le doute dans notre esprit - et là, suivant le niveau de perception qu'a eu le spectateur pendant les cent-quarante minutes, chacun peut aller de son opinion sur la conclusion. Ca peut paraître flou quand je dis ça, mais je tiens absolument à ne pas spoiler. Christopher Nolan a réellement un don pour manipuler le spectateur, finalement encore plus dense et plus profond que dans Le Prestige. Il nous immerge finalement au coeur de la diégèse du film, car on se retrouve tout d'un coup dans la peau du personnage de Cotillard, se posant la même question : rêve, réalité ?

Mais au-delà de ce point de vue sensoriel, Inception a aussi un autre point fort : c'est un grand film d'action, le mix parfait entre un épisode de James Bond et Matrix (premier du nom). En témoigne la seconde moitié du film - le "braquage" a proprement parler - une longue scène d'action de soixante minutes totalement saisissante. Cette partie atteint une complexité cinématographique hors du commun, mais tellement maîtrisée. En effet, la séquence passe de la réalité au rêve, puis à une autre dimension du rêve, puis à une autre, puis à une autre, tout ceci en simultané dans le montage parallèle le plus réussi qu'il m'ait été donner de voir au cinéma. Développer cinq séquences en simultané aurait pu être un vrai bordel, surtout sur une telle longueur, mais Nolan monte le tout d'un façon tellement prenante que le chaos devient source de jouissance. Course-poursuite sous une pluie battante, combat à mains nues dans une gravité inexistante, attaque explosive d'un bunker enneigé, ballade dans un New York post-apocalyptique... Des dimensions paradoxales pourtant assemblées à la perfection, un labyrinthe visuel où l'on ne sait pas si on trouvera un jour la sortie. Une très belle leçon, où l'on pourrait carrément dire que Nolan révolutionne le cinéma d'action.


On est très tenté de qualifier ce film de chef d'oeuvre, bien que plusieurs visionnages s'imposent. N'empêche que tous les indices parsemés le long du film ne peut mener qu'à cette conclusion. Surprenant, captivant, troublant, Inception est certainement le film de l'année, voir l'un des meilleurs de la décennie. Ce film est un véritable labyrinthe, une énigme sensorielle parsemée d'indices menant à une réponse claire, et puis là "paf !" le dernier petit élément qui vous rejète dans les méandres labyrinthiques du film. Nolan livre des morceaux, mais c'est finalement à nous, spectateurs, de nous reforger l'intégralité du film dans notre esprit pour résoudre le puzzle. Ce thriller d'action et de science-fiction est au final une très belle métaphore de la créativité artistique... peut-être celle du cinéma ? Car oui, notre esprit est la scène du crime.

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les+

- un scénario merveilleusement écrit, fourmillant d'inventivité et d'interprétations

- la seconde moitié du film, soixante minutes d'action intenses (cinq niveaux en simultané, tout de même)

- le combat à gravité zéro, scène culte

- un casting impeccable et impliqué

- la bande originale de Hans Zimmer, sublime et électrique

les-

un première moitié extrêmement complexe, l'assimilation des détails mérite plusieurs visionnages -

trop court ! -

 

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